Adhérer, et participer à la transformation énergétique des territoires
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Bouger en milieu rural

Et assurer les navettes des entraînements de basket à Chemillé !

“ Aller où l'on veut. Aujourd'hui, cela peut paraître une évidence, un simple droit humain. Toutefois, en milieu rural, permettre à tous les habitants d'un territoire de se déplacer est un véritable enjeu. Accéder aux soins, aux écoles, à l'emploi ... et aux activités de loisirs ! Faire en sorte que la ruralité ne soit pas un frein à ce sentiment de liberté et de bien-être. Inclusivité, c'est le mot qui me donne envie de me lever le matin pour ce projet. Prendre en compte les questions d'infrastructures et les habitudes de mobilité bien sûr. Et aller au-delà, en permettant ce lien social si précieux pour les campagnes. ”

Louise Briodeau,

Chargée de projet mobilité

Chemillé-en-Anjou      15.09.2025

Mobilité

REX / Impact

REX : un minibus partagé pour les clubs de basket de Chemillé-en-Anjou

Le club de basket – ou plutôt les clubs de basket – de Chemillé-en-Anjou ont totalement repensé la mobilité de leurs adhérents. A l’origine, l’Abeille basket à Neuvy-en-Mauges et l’ESJ basket La Jumellière font face à des inscriptions dispersées entre les deux clubs. S’organise alors une fusion des deux clubs et un circuit d’entraînements complexe, les poussins à un endroit, les ados à un autre, les adultes hommes à l’autre etc … La gymnastique intellectuelle et logistique se compliquent, spécialement pour les parents qui doivent faire la navette entre les différentes communes.

Les clubs de basket, via une coopération territoriale de clubs (CTC), ont sollicité le collectif MERCIS, dont Alisée est le pilote, pour co-construire une nouvelle solution de mobilité durable.

La première solution, la location d’un minibus, n’était pas viable financièrement. L’association Atout Vent est venue apporter son expertise sur l’autopartage pour mettre en place le planning d’un minibus associatif pour les clubs de basket, qui sera à terme partagé avec d’autres associations comme le « Club des moins jeunes », le club de randonnée, l’EHPAD et le centre social et socioculturel du Chemillois. Ce minibus électrique va même jusqu’à utiliser l’électricité produite localement par le parc éolien citoyen piloté par Atout Vent.

Lire l'article Ouest France sur le minibus électrique
“ L’éco-mobilité, ce n'est pas que le vélo en milieu urbain. Parlons aussi des plans de mobilité rurale. ”

Ne pas oublier de changer les mobilités des territoires ruraux, c’est considérer les déplacements de 40% des Français. Le rural, c’est aujourd’hui plus de 80% des communes du territoire français. Souvent contraints d’utiliser leur voiture individuelle, les habitants commencent à réinventer leurs mobilités, qu’elles soient douces, partagées, ou même innovantes. Aller à l’école à pied malgré l’absence de trottoirs, commencer son stage d’études dans une commune voisine sans le permis, accéder à la zone industrielle pour son premier jour de CDI, accompagner ses enfants aux activités de loisirs à vélo, se rendre à son rendez-vous de suivi hospitalier à 80 ans. Tous ces exemples de problématiques concrètes sont une bonne base pour alimenter les réflexions et trouver des solutions de mobilité durables.

Faire évoluer les modes de vie à Chemillé-en-Anjou

Depuis 2024, la commune de Chemillé-en-Anjou s’est transformée en territoire d’expérimentation pour tester de nouvelles mobilités, de nouvelles approches pédagogiques et de mobilisation des habitants, avec le développement du projet local MERCIS (la Mobilité Evolue dans la Région du Chemillois, elle devient Inclusive et Sobre), issu du programme national TIMS – Territoire Inclusion Mobilité Sobriété.

Cette grande commune rurale – 324 km2 – pour 21 000 habitants fait face à des enjeux de territoire similaires à d’autres localités de la région. La ville centre – Chemillé (et ses hameaux) – regroupe 40% de la population. L’autre partie de la population est dispersée sur les 12 communes déléguées. Les services de soin, de loisirs, d’emploi et d’études sont concentrés sur la ville centre. C’est pourquoi les habitants utilisent en grande majorité leur voiture personnelle, malgré la ligne de TER et les cars régionaux qui relient aux agglomérations d’Angers et de Cholet.  Sa population vieillissante a également des difficultés à accéder aux services proposés : des trottoirs inadaptés à la marche en centre bourg, d’une commune déléguée à la ville centre avec comme seule liaison une route nationale, de nouveaux quartiers résidentiels qui sont excentrés de la ville centre.

L’un des maîtres mots avec le programme TIMS est l’inclusivité. Prendre en compte les singularités des habitants dans l’accès aux mobilités, c’est prendre en compte l’humain. Donner de la place au volet humain dans la construction des offres de services, c’est l’orientation que nous souhaitons donner à ce projet.

 

La précarité mobilité
“ Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la précarité mobilité ne concerne pas uniquement les publics ayant un frein financier à l'achat d'un véhicule par exemple. Il s'agit de toute personne prête à renoncer à des trajets pour des raisons multiples : tarif des transports en commun, problème de garde d'enfant, phobie des transports collectifs, maladie ne permettant pas d'utiliser les mobilités douces (ex.épilepsie)... ”

De belles initiatives voient le jour dans cette ville « en travaux » qui fait évoluer ses infrastructures en même temps que les changements de pratiques autour des déplacements :

  • L’ouverture d’une vélo-école pour adultes en 2025 avec l’association Des Chaînes Ton Vélo et le programme Vélo-Egaux et des ateliers d’apprentissage à la réparation des vélos
  • L’autopartage entre particuliers depuis juillet 2023 : une communauté active sur la gare de Chemillé et un déploiement à venir vers les communes déléguées (association Atout Vent)
  • Un ajustement des lignes de bus régulières Mooj! et une ouverture des lignes scolaires Mooj! en 2025 à tous les habitants
  • Des ateliers mis en place par la commune : « Savoir Rouler à Vélo » dans les écoles et la création de lignes de pédibus pour sécuriser et faciliter les abords des écoles
  • Le centre social et socioculturel du Chemillois propose des sorties collectives vers des centres de santé, d’emploi ou de loisirs, pour permettre d’apprendre à utiliser les transports en commun
  • Le TUS / transport d’utilité solidaire, aide les personnes valides mais dans l’incapacité de se déplacer avec leur voiture
  • L’amélioration continue des aménagements urbains par la commune

Toutes ces solutions, qu’elles soient collectives ou individuelles, ont une chose en commun : celle de créer du lien social sur le territoire. Un espace pour discuter de la mobilité, de ses difficultés, de ses besoins. Un espace pour s’organiser ensemble et partager un trajet. Un espace pour apprendre à se déplacer. Un espace pour se retrouver.

“ Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. ”

Comment s’organise le projet ? 

Ce programme en faveur de la mobilité durable et inclusive est financé par les certificats d’économies d’énergie (CEE) et piloté au niveau national par le Cler Solutions – filiale du réseau CLER, Mob’In, AURA-EE et le RARE. Le projet MERCIS est aussi cofinancé par l’ARS. Un consortium de quatre associations a été créé pour créer de l’émulation, croiser les compétences et partager les connaissances des publics pour mieux adapter l’accompagnement et les solutions de mobilité – l’association Alisée comme pilote du projet,  le centre social et socioculturel du Chemillois dans l’accompagnement au changement de pratiques, l’association Atout Vent pour l’autopartage et Des Chaines Ton Vélo pour la mobilité à vélo.

D’un côté, deux structures qui s’intéressent de près aux typologies de populations du territoire : les établissements scolaires, de l’école maternelle au lycée, ainsi que les entreprises et les zones d’activités pour Alisée, et les publics dits fragiles – ou en précarité mobilité – et plus largement tous les habitants pour le centre social. De l’autre, des associations expertes d’un domaine lié à la mobilité. En parallèle, le consortium travaille en partenariat avec la municipalité, dont la direction Aménagement du Territoire et des Services Techniques, le service Enfance Jeunesse et le service Sports. Mais aussi Mauges Communauté, le CCAS de Chemillé-en-Anjou, AFODIL, le service Aléop de la Région et des structures telles que Blablacar ou la SNCF. La méthodologie ? Faire échanger tous les acteurs du territoire et adapter la solution technique aux habitants et enjeux du territoire. Un réseau régional TIMS, piloté par Mob’In Bretagne, permet également aux équipes terrain de parler des projets, d’échanger les bonnes pratiques, les outils et d’envisager les futurs développements partenariaux.

Pour sensibiliser les publics tout au long de l’année, de nombreux événements sont organisés : des ateliers pour les salariés (mise à disposition de VAE, covoiturage …), des animations pour les lycées (ex. fabrication de capteur de qualité de l’air avec le FabLab du centre social), le défi mobilité des Pays de la Loire pour les établissements scolaires (la moitié des écoles de Chemillé-en-Anjou ont participé à l’édition 2025), des ateliers dans le cadre de la Semaine européenne de la mobilité… Le consortium participe à d’autres événements locaux tels que les forums santé, emploi ou TEPOS (Territoires à Energie Positive).

Ce sont les fourmillements de cet écosystème autour de la mobilité sur un territoire, et la réflexion collective, qui donnent à ce projet la matière nécessaire pour repenser les mobilités, et surtout les mettre en action sur le terrain.

 

Louise Briodeau,

Chargée de projet mobilité

louise.briodeau@alisee.org